Les Balcons du
Mercantour
Manifeste de synthèse de Denali-sud
Depuis quelques semaines, un grand projet baptisé les Balcons du Mercantour
a démarré sur les hauteurs de Saint-Étienne-de-Tinée.
Depuis début septembre, les travaux ont démarré au niveau du Lac de Rabuons
avec la dépose d’un engin de type pelleteuse par hélicoptère et l'emploi par
moments de dynamite à certains endroits du parcours. Les reportages, de
TF1, de
France 3 Côte d'Azur ainsi que celui réalisé par
le
Conseil Général permettent de se faire une idée des travaux.
(Le reportage de TF1 est en fait identique à celui fourni par le
Conseil Général).
La
parution de ces informations ainsi qu’une photographie en Une de
Nice-Matin le 1er Septembre ont déclenché des réactions d'inquiétude par
rapport à ce projet parmi un certain nombre de pratiquants de la montagne.
Devant les nombreux points d'interrogation, et de crainte d'une dégradation du
parc, une pétition a été ouverte demandant au projet d'être réalisé sur la base
de travaux moins importants :
Pétition contre
Le projet apparaît en
fait comme démesuré, et si, globalement, les contestations ne se traduisent pas
par une opposition ferme au projet des Balcons du Mercantour, ils
remettent en cause, la manière dont celui-ci semble avoir été mis en œuvre,
mettant les pratiquants en quelque sorte devant le fait accompli. L'absence de
concertation ainsi qu'une réelle étude de l'impact environnemental semblent
aussi faire défaut.
Une des volontés
affichées du projet est d'ouvrir l'accès a la montagne au plus grand nombre, et
en particulier aux familles, plus précisément, il s'agit d'en faire un
produit d'appel accessible à tout un chacun selon les termes de
Monsieur Estrosi. Cet objectif peut paraître louable mais il semble que
les moyens (un budget de 20M d'Euros) et les ambitions du projet, ainsi que les
conditions de sa réalisation ne soient pas en réelle adéquation avec la réalité
du terrain :
-
La réalisation d'un piste de 2 m semble surdimensionnée pour y faire
circuler des randonneurs et une trace de 40 cm semble largement suffisante
laissant de plus une empreinte beaucoup moins importante sur
l'environnement.
-
Un tracé alternatif existe déjà et passe par l'Italie. Son impact serait
plus modeste sur le plan économique et écologique (pas de nouvelles
constructions, car il y a des refuges tout près de l'autre côté de la
frontière, pas de nouveaux sentiers) et les sentiers qui existent déjà
pourraient être simplement aménagés aux endroits les plus délicats. Ce
parcours transalpin est déjà décrit dans le
guide Randoxygene
du Conseil Général des Alpes-Maritimes et pourrait, par
son aspect européen, largement remplir l'aspiration de renommée
internationale du projet.
-
D’autres sentiers qui existaient par le passé auraient pu être réhabilités.
Le tracé décidé ne semble pas tenir compte de l'histoire des montagnes et de
la topographie du terrain. Certains de ces sentiers plus en contrebas
pourraient de plus utiliser les villages comme point de chute sur le trajet
au lieu d'avoir recours à de nouvelles constructions au milieu de la
montagne.
-
L'utilisation de moyens plus doux pour réaliser le tracé, à la place
d'explosifs et d'engins motorisés seraient souhaitables et sans doute plus
adaptés, en particulier dans cette zone périphérique du Parc.
-
Le terme produit d'appel donne une vision très consumériste et
marketing assez inquiétante de ce projet, négligeant de fait les dangers
inhérents a la pratique de la montagne en altitude. D'autre part Trek
Magazine s'interroge, à juste titre, sur l'existence même d'un type
de clientèle qui pourrait se reconnaître dans ce format de randonnée.
Ce
projet apparaît finalement démesuré par rapport aux objectifs annoncés dans sa
mise en œuvre actuelle et suscite beaucoup d'interrogations et d'inquiétudes sur
l'avenir des zones périphériques du Parc mais peut être même aussi sur le Parc
lui-même.
Aujourd'hui, où l'on essaye de sensibiliser les gens à l'écologie, où l'on parle
de réduire notre empreinte écologique, ce projet paraît en contradiction avec
les ambitions affichées, notamment par Monsieur Estrosi qui
soutient avec ferveur le projet tout en se proclamant être l'un des plus
fervents écologistes, comme il l'indique dans un
article du Point.
On
peut malheureusement constater le fossé qui persiste entre les paroles et les
actes.
Ce projet, s'il donne lieu à un vrai débat, peut être une occasion
exceptionnelle de montrer qu'on peut faire coexister enjeux touristiques et
écologiques en ce début de XXIe siècle. Maintenir le projet en l'état actuel ne
ferait certainement qu'offrir une image rétrograde et dégradée de notre
département.
On pourra trouver de nombreuses informations grâce aux liens suivants :
Trek Magazine : Balcons du Mercantour, pourquoi nous devons réagir
est un article a recommander particulièrement.
http://www.06krou.org/blog/
Vallouimages : Un itinéraire controversé au cœur
du Parc national du Mercantour
Trek Magazine : Un nouvel itinéraire de randonnée taillé à
coup de pelleteuses
Les
forums où l'information est débattue :
Denali-sud
Ski-mercantour
Montagne-photos
Bivouak.net
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