Vallouise
Église Saint-Étienne
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L'Église Saint-Étienne
de Vallouise se trouve sur la place principale du chef-lieu de la
vallée,
Ville-Vallouise ou plus simplement Ville, en bordure de la
plaine où convergent les vallées du Gyr et de l'Onde.
Classée Monuments Historique
depuis 1913, elle constitue un ensemble architectural et artistique de
toute beauté, l'un des plus beaux de la région sinon des Alpes.
Elle domine majestueusement les
toits du village dont elle rythme la vie avec son carillon. Elle donne
aujourd'hui directement sur la place récemment refaite mais elle était
entourée encore par le cimetière jusqu'au début des années 1950, comme
c'était l'usage autrefois. Il fallait alors pousser une grille en fer
forgé pour pénétrer dans l'enceinte commune du cimetière et de
l'ensemble ecclésiastique constitué de l'église et de la Chapelle des
Pénitents. |
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Elle est consacrée à
saint Étienne, un juif helléniste. Cette consécration n'est pas
neutre car saint Étienne est considéré comme un saint universel
qui occupe l'une des toutes premières places dans le culte des saints au Moyen
Âge. Au contact des Apôtres, il fut
l'un des 7 premiers diacres et fut le premier martyr en l'an 33 au tout début de la
religion chrétienne naissante. Son martyre constitue du reste, dans la
réalité historique, la première d'une longue série d'imitations du sacrifice du
Christ par les chrétiens persécutés. Ceci explique, d'une part, la précocité et
le développement de son culte dès le haut Moyen Âge, et d'autre part, le nombre
exceptionnel d'églises, notamment de cathédrales, placées sous son vocable. La
consécration à saint Étienne affirme ainsi la prééminence de
l'église de la communauté de Vallouise
(1)
sur les autre églises de la région. Elle confirme également l'ancienneté d'une
église consacrée à saint Étienne à Vallouise. La mention la
plus ancienne de l'existence d'une
Église Saint-Étienne
à Vallouise remonte au tout début du XIIe siècle
(2).
Les trois diacres,
saint Étienne
le juif, saint Laurent le romain et saint Vincent
de Saragosse l'hispanique sont souvent associés. Ils sont considérés
comme les archétypes des martyrs
(3)
car la succession de leurs tortures et leur mort violente rappellent
immédiatement la passion du Christ. Ils sont associés également à Vallouise, où
on retrouve également saint Laurent dans l'Église Saint-Laurent des
Vigneaux et saint Vincent de Saragosse, et non saint
Vincent Ferrier
(4),
dans la Chapelle Saint-Vincent à Puy-Saint-Vincent. Le message du
culte de ces martyrs
(5) est triple pour la population : d'abord le martyre est vécu
comme une imitation du Christ et dont l'enjeu est, pour le martyr pris comme
modèle, son salut éternel ; ensuite comme une résistance face au paganisme, sans
doute donc encore très présent en Vallouise au haut Moyen Âge.
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Il ne reste probablement
rien de l'église moyenâgeuse, sinon des réemplois de murs
ici ou là.
La date de construction de
l’église actuelle est incertaine : entre la fin du XIVe siècle et la 2e moitié du XVe siècle à l’époque où la vallée devint Vallis Loysia
après la fin des persécutions conte les Vaudois, mais elle ne fut consacrée
qu’en 1532. Elle est typique des églises briançonnaises de style roman-lombard construites à cette
époque et compte parmi les plus belles. Sa façade Est était alors décorée d’une
gigantesque peinture représentant saint Christophe.
Sa façade Sud fut embellie
au XVIe siècle par une nouvelle entrée précédée d’un porche qui protège un
tympan décoré d’une représentation de l’adoration des rois mages et une
magnifique porte sculptée équipée d’une serrure à secret caractéristique de
l’époque. À l’intérieur, un autel fut installé contre le mur du clocher dans une
structure à baldaquin entièrement peinte et qui constitue un des joyaux de
l’église. L’autel, dit sans justification autel des Âmes du Purgatoire, a
disparu. Il est aujourd’hui remplacé par une Pietà également du XVIe siècle. Le
mobilier s’enrichit également au début du XVIe siècle d’un baptistère monumental
à cuve monolithique surmontée d’un chapiteau en bois sculpté. Les 2 panneaux de
porte étaient particulièrement ouvragés et porte la date de réalisation : 1518.
Les panneaux en place sont des copies à l’identique des panneaux d’origine
volés.
Le XVIIe siècle vit en
1603 l’installation dans le clocher de la plus grosse des 4 cloches. Elle s’y
trouve toujours et … sonne faux ! Surtout, l’intérieur de l’église prit son
allure à peu près définitive avec l’installation du maître-autel surmonté d’un
imposant retable en bois de mélèze sculpté et doré à l’or fin et de l’autel de
la Vierge, également intégré dans un retable analogue mais plus simple, dans la
chapelle latérale gauche.
À la fin du XIXe siècle
(6), la
représentation de saint Christophe sur la façade Est a été recouverte par
un banal saint Étienne. Les 3 horloges sur les faces Est, Sud et Nord du
clocher ont été installées avec leur mécanisme en 1890 en remplacement
d'horloges primitives à une aiguille installées probablement juste avant la
Révolution (7),
qui faisaient suite elles-mêmes à deux
cadrans solaires aujourd’hui disparus sur les faces Est et Sud. Le mécanisme d’origine
des horloges est
toujours en place mais a été découplé et remplacé par un modèle électrique en
1969.
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Notes :
1. Pour mémoire, avant la
Révolution, la communauté de Vallouise regroupait l'ensemble des villages
et hameaux de la vallée.
2. Le Cartulaire d'Oulx mentionne
une église à Vallouise en 1118, et sous le vocable de
Saint-Étienne en 1120. Cité par les Cahiers de l'Inventaire, 1987.
3. Ils sont souvent représentés avec les attributs des
martyrs, la palme et la couronne (Στέφανος Stéphanos en grec),
symboles importants de la victoire des martyrs.
4. La confusion est classique entre les
deux saints Vincent, mais c'est bien saint Vincent de
Saragosse qui est représenté sur les peintures murales de la Chapelle
Saint-Vincent, dont l'association habituelle avec saint Étienne
et saint Laurent dans le culte des saints au Moyen Âge pourrait
signifier que son culte était antérieur aux prédications de saint Vincent
Ferrier dans la vallée.
5. Le culte des martyrs, p. 11 à
15, in Les sept passions de Prudence, Pierre-Yves Fux,
Thèse de doctorat, Université de Genève, 2003.
6. ... et non à la fin du XVIIIe ou au
début du XIXe siècle, comme on le voit encore mentionné dans beaucoup
d'ouvrages. C'est le saint Christophe entier, sans mention du saint
Étienne, qui est décrit par les voyageurs.
7. Datation par analogie avec l'horloge à
une aiguille de l'église des Vigneaux qui porte la mention 1786.
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Articles connexes
:
Église Saint-Étienne
Place de
l'Église
Clocher
de l'église
Église Saint-Laurent
Chapelle Saint-Vincent
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