Vallée de
Freissinières (1)
Présentation
générale
C'est une longue -
une vingtaine de kilomètres
- et belle vallée glaciaire descendant des confins
du Champsaur,
affluente de la Durance sur sa rive
droite, en aval de la Roche-de-Rame.
Elle se termine en crosse par un vallon suspendu 200 m au dessus de la vallée de
la Durance, que son torrent -
la
Biaysse -
également la Biaisse,
plus haut dans la vallée
- rejoint par une gorge de raccordement caractéristique, le
Gouffre de Gourfouran.
L'ancienne confluence glaciaire reste bien marquée dans le paysage, avec, outre
la gorge de raccordement et la terminaison en crosse, le plateau
de Pallon à
Champcella qui poursuit l'ancien lit
du glacier de Freissinières, 200 à
300 m au-dessus du lit du glacier principal. On peut imaginer une belle moraine
médiane s'appuyant sur la Gardette
au-dessus de Champcella et la langue
du glacier de Freissinières butant
contre le
Pouit, avec un dernier torrent émissaire
vers Chabottes.
Pour en savoir plus :
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Les glaciers dans la Vallée de Freissinières |
La Vallée de
Freissinières débouche sur celle de
la
Durance par un passage resserré que
la
Biaysse et l'ancien glacier ont taillé au forceps à travers le
chaînon calcaire qui la ferme. Autrefois, un lac glaciaire occupait l'ombilic
situé derrière le verrou calcaire souterrain rehaussé par le glissement des
versants au resserrement de la vallée.
Le lac s'étendait jusqu'aux Ribes, dont l'étymologie confirme la
position sur les rives. Il en reste une belle plaine alluvionnaire, très
propice à l'agriculture.
La rupture du barrage naturel aurait détruit
par deux fois la localité de Rame située au
débouché du Gouffre de Gourfouran,
au Ve et au XIIIe siècles.
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La Biaysse |
Extrémité de la
vallée |
Le Grand Pinier |
La Tête de
Vautisse |
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Novembre 2004 |
Mai 2001 |
Novembre 2004 |
Août 1979 |
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La plaine dénommée, fort à propos, le Plan,
est fermée à l'aval par la crête calcaire de
Rortie (1639 m) et le point de vue de l'Aiguille (1503 m), qui
séparent
la Biaysse de la Durance
et délimitent la forme en crosse de la vallée. Son
adret est chaud et sec, à la végétation méditerranéenne, boisé en
pins vers le Clot
du Puy, son
ubac, frais et fortement boisé,
sapinière sèche vers le bas puis mélézin vers le haut, le Bois de Monsieur,
sur les pentes de la masse calcaire du Gourenq
(2708 m) et de l'Aiguillas (2823 m). À
l'amont, le Plan est dominé par le Vallon de
la Poua,
sur les belles pentes de la Tête des
Raisins
(2655 m), bien connue des skieurs, et du Col d'Anon
(1891 m), bien connu, lui, des amateurs de framboises ! Également, bien connu
des vététistes qui effectuent la traversée vers le Vallon
du
Fournel.
Dès les Ribes dépassés,
le relief devient rude, parfois même austère. La
vallée s'encaisse dans la Combe jusqu'au pied de Dormillouse,
où elle se subdivise en une branche sud plus large et maintenant déserte, et le
Vallon de Chichin qui
continue la vallée principale jusqu'au Col de
Freissinières, alias Col d'Orcières,
alias Col des Estaris, point
de passage vers le Champsaur, mais à 2782 m tout de
même. La longue chaîne en grès du Champsaur qui domine le Vallon de
Chichin au nord d'un quasi à pic de
plus de 1000 m ne descend pas sous les 3000 m, culminant à 3243 m à la Tête
de Soulaure (ou Pic Félix
Neff).
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Tête de Soulaure |
La Combe |
Lac Palluel (2472
m) |
Lac Palluel (2472
m) |
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Août 2004 |
Août 2004 |
Août 2004 |
Août 2004 |
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Alpages de Faravel |
La Grande Barre |
Dormillouse |
Tête de Gramusat |
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Août 2004 |
Août 2004 |
Août 2004 |
Août 2004 |
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La Biaysse,
proprement dite, également la Biaisse,
mais pas la Byaisse, naît donc au
pied de Dormillouse, de la
confluence du Torrent de Chichin
et du Torrent des Oules, et
tire d'ailleurs son nom du mélange de ces deux eaux. C'est un torrent aux crues
redoutables qui a inondé et recouvert le Plan de cailloux à maintes
reprises, notamment en 1858 et 1928.
L'orientation ouest - est de la vallée favorise
l'opposition entre l'ubac, sombre et boisé, et
l'adret, habité et cultivé
autrefois, bien aride de nos jours, sur lequel les hameaux de la basse vallée se
sont installés. La Combe, vers les Viollins en particulier, ne voit pas
beaucoup le soleil en hiver, et la neige rend difficile voire impossible l'accès
au-delà. Bref, on l'aura compris, la vie n'est pas facile dans la vallée.
L'occupation humaine est très ancienne. Les
recherches archéologiques menées dans la vallée ont fait remonter la présence de
l'homme à la nuit des temps, dès la fin de la glaciation wurmienne, 12000 ans en
arrière, et ont mis en évidence une occupation pastorale de la
Montagne de
Faravel et du
Vallon de
Chichin, dès le néolithique, 4 à 5000
ans en arrière, et ensuite à l'âge du Bronze et au premier âge du Fer.
Un torques en argent massif, plusieurs colliers et bracelets de cuivre datant de
l'âge de Bronze ont été trouvés à
Pallon.
Pour en savoir plus :
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Occupation humaine dans la vallée de
Freissinières |
(Données archéologiques récentes mises
en situation)
Vue de l'extérieur, la vallée apparaît plutôt
isolée. La Biaysse débouche à
Pallon à un resserrement marqué. Une
communauté autonome a pu s'y développer avec une identité culturelle propre.
Freissinières a une histoire
et a participé à l'Histoire. Sans entrer dans les détails pour ne pas sortir du
cadre de l'article, citons pêle-mêle, refuge de Lombards défaits en 524
-
qui ont laissé quelques traces dans la toponymie (Serre
Lombard,
les Houdouls, les
Roberts, les Aujards,
peut-être la Got), l'occupation par les
Sarrasins au VIIe siècle, une histoire religieuse active des années
1200 à nos jours, vallée vaudoise puis protestante, le passage de
Lesdiguières pendant les guerres de religion, le camp de Catinat
à Pallon, l'installation, brève mais
essentielle d'un pasteur genevois, Félix Neff à
Dormillouse ...
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Vallon de Chichin |
Vallon de Chichin |
Crête du Martinet |
Col de
Freissinières |
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Septembre 1985 |
Août 1981 |
Août 1981 |
Août 1981 |
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Commune et Vallée de
Freissinières ne se recouvrent pas,
en toute rigueur, il faudrait donc plutôt
dire, Vallée de la Biaysse.
En effet, une partie des alpages de Val Haute sur le versant nord de la Tête de
Vautisse et l'Envers de
Gramusat, qui font partie intégrante
de la Vallée de la Biaysse,
n'appartiennent pas à la commune de
Freissinières, mais à celle de
Champcella. Dans l'autre sens, la commune de
Freissinières déborde la Crête de
la
Rortie et l'Aiguille, qui séparent les vallées de
la Biaysse et de
la Durance, et étend son territoire
jusqu'à celle-ci. Néanmoins, à ces détails près, nous admettrons la
correspondance ente la vallée et la commune. Celle-ci est vaste - plus de 10 000
ha - mais très peu habitée - 170 Freissiniérois, répartis en une demi-douzaine de
hameaux, autant dire que l'on atteint ici les limites de la vie sociale, très
loin des 1000 bouches à nourrir du milieu du XIXe siècle.
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Toponymie de la Vallée de
Freissinières |
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